Une salle de sport réservée aux femmes, ou au moins un créneau sans hommes : l’idée n’a plus rien de marginal. Une enquête menée par l’agence Flashs pour le réseau L’Orange Bleue auprès de plus de 2 000 femmes, relayée par Sud Radio le 24 octobre 2025, l’a montré : 46 % des pratiquantes aimeraient s’entraîner dans des zones non mixtes. Libération y a consacré un reportage sur ces femmes qui souhaiteraient plus d’hommes dans les salles de sport le temps d’une séance… et surtout plus de regards appuyés. Ce qui gêne, ce que la formule non mixte change vraiment, ce qu’elle ne règle pas : tout cela pèse au moment de choisir sa salle.
Pourquoi tant de femmes rêvent d’une séance sans hommes à la salle
Commençons par les chiffres de cette même enquête. 58 % des femmes interrogées disent avoir déjà subi un comportement inapproprié en salle. Une sur trois considère désormais ces lieux comme hostiles. Et 64 % estiment que les salles devraient mieux encadrer les comportements et faciliter les signalements.
Je ne lis pas ces résultats comme un rejet des hommes. Je les lis comme de la fatigue. On paie un abonnement pour soulever de la fonte, transpirer, progresser. Pas pour surveiller son dos entre deux séries ni pour calculer à quelle heure le plateau de musculation sera le moins pénible. Quand une pratiquante sur trois parle de lieu hostile, ce n’est plus une affaire de susceptibilité.
La recherche va dans le même sens. Une étude parue dans la revue PLOS One en mars 2025, résumée par Futura, s’appuie sur l’expérience de 279 femmes en salle de sport. Son constat : l’espace musculation reste perçu comme un territoire masculin, où l’on se sent observée et évaluée.
Enquête Flashs pour L’Orange Bleue · plus de 2 000 femmes · relayée le 24/10/2025
Ce que vivent les femmes en salle de sport
Regards, conseils non sollicités, machines monopolisées : ce qui gêne vraiment
Les témoignages recueillis par Sud Radio citent toujours les mêmes faits : regards insistants, commentaires sexistes, drague lourde. Ajoutez-y deux classiques que toute habituée connaît.
D’abord, le conseil non sollicité. Vous faites votre soulevé de terre, quelqu’un vient corriger votre dos sans qu’on lui ait rien demandé. Une fois, c’est maladroit. À la troisième, vous changez d’horaire. Ensuite, la zone des poids libres occupée de 18 h à 20 h par les mêmes groupes, avec le rack à squat qui sert de banc pour discuter. Beaucoup de femmes finissent sur le tapis de course, pas par choix : c’est la seule machine où personne ne les regarde de près.
L’erreur classique serait de croire que le problème se limite à quelques « relous ». La gêne vient aussi de l’aménagement. Plateau muscu au fond, miroirs face aux bancs, vestiaires mal isolés : la salle elle-même installe des situations où l’on se sent exposée.

Salle de sport réservée aux femmes ou créneaux non mixtes : deux formules différentes
On mélange souvent les deux. Ce ne sont pas les mêmes produits.
La salle de sport réservée aux femmes est fermée aux hommes à toute heure. Le circuit est en général court, les machines guidées dominent, les cours collectifs pèsent lourd. Atmosphère calme, et c’est ce qu’on vient y chercher. Le revers : peu de barres olympiques, rarement une vraie zone d’haltérophilie. Si votre objectif est un squat à 80 kg, vérifiez l’équipement avant de signer.
Le créneau ou l’espace non mixte, c’est autre chose : une salle classique qui réserve une pièce, ou certaines heures, aux femmes. Vous gardez tout le matériel de la grande salle, avec une bulle à côté. À mon sens, c’est la formule la plus intéressante pour progresser en force, à une condition : que l’espace réservé ne soit pas un placard avec deux tapis et des haltères roses de 2 kg.
Côté droit, le principe de non-discrimination couvre aussi l’accès aux services. L’article 225-3 du Code pénal prévoit toutefois des exceptions, dont celle d’une différence selon le sexe justifiée par la protection des victimes de violences à caractère sexuel. Une gérante qui veut ouvrir une salle 100 % féminine a donc intérêt à faire relire son projet par un juriste avant d’imprimer ses flyers.
Le saviez-vous ?
Dans l’enquête Flashs pour L’Orange Bleue (Sud Radio, 24 octobre 2025), la demande la plus forte n’est pas le non-mixte : 64 % des femmes réclament d’abord un meilleur encadrement des comportements et un moyen simple de signaler un problème. Les zones non mixtes arrivent derrière, à 46 %.
Ce que le non-mixte ne règle pas tout seul
Retirer les hommes de la pièce ne crée pas automatiquement une bonne salle. Le jugement sur le corps, par exemple, ne disparaît pas entre femmes. Certaines le disent : la comparaison silencieuse devant le miroir pèse parfois plus lourd qu’un regard masculin.
Un coach peu formé reste un coach peu formé, même dans une salle 100 % féminine. Et un créneau non mixte calé à 14 h en semaine ne sert à rien à celle qui travaille jusqu’à 18 h. Le non-mixte de façade existe. Méfiez-vous-en.
Voilà pourquoi le chiffre de 64 % me paraît le plus important de l’enquête. Une salle mixte où l’équipe intervient vraiment, avec un règlement affiché et un signalement qui aboutit, vaut mieux qu’une salle non mixte où personne ne s’occupe de vous.
Recherches Google mensuelles en France · relevé du 11/10/2026
Ce que cherchent les internautes autour du sport entre femmes
Des volumes modestes : la demande s’exprime surtout dans les salles, beaucoup moins dans la barre de recherche.
Choisir sa salle : les questions à poser avant de signer l’abonnement
Pendant la visite, le commercial vous parle du prix et des cours. Posez-lui plutôt ces questions-là.
Y a-t-il un espace ou des heures réservés aux femmes, et à quels horaires exacts ? Faites-vous montrer l’espace. Comptez les machines, regardez s’il y a une barre et un rack, pas seulement des tapis.
Que se passe-t-il quand une adhérente signale un comportement ? Une bonne réponse cite un nom (le responsable de salle), une procédure, une conséquence possible pour l’auteur. Une réponse vague du type « on est très vigilants », je la prends comme un non.
Le personnel est-il présent sur le plateau en soirée ? Beaucoup de salles tournent en accès libre avec badge après 20 h. Pratique pour l’horaire, moins rassurant si vous vous entraînez seule.
Enfin, les vestiaires : porte qui ferme, casiers solides, douches individuelles ou non. Ça paraît secondaire jusqu’au jour où l’on se change en vitesse parce qu’un couloir donne directement dessus.

Mon avis : tester à l’heure où vous viendrez vraiment
La séance d’essai gratuite proposée à 11 h un mardi ne vous dit rien. La salle est vide, tout le monde est aimable. Demandez à venir le jour et à l’heure de vos futurs entraînements, un lundi à 18 h 30 par exemple, quand le plateau est plein. Restez 45 minutes. Regardez qui occupe les poids libres, comment l’équipe circule, si une autre femme s’entraîne à la barre.
Si la salle refuse l’essai à cette heure-là, vous avez votre réponse. Et je ne signerais jamais un engagement de 12 mois sans avoir fait ce test : la formule sans engagement coûte quelques euros de plus, mais elle vous laisse partir si l’ambiance ne vous convient pas.
Une salle de sport peut-elle être réservée aux femmes en France ?
Oui, sous conditions. Le principe de non-discrimination s’applique, mais l’article 225-3 du Code pénal admet des exceptions, notamment la protection des victimes de violences à caractère sexuel. Mieux vaut faire valider le projet par un juriste avant l’ouverture.
Combien de femmes veulent s’entraîner sans hommes ?
46 % souhaitent des zones non mixtes, selon l’enquête Flashs menée pour L’Orange Bleue auprès de plus de 2 000 femmes et relayée par Sud Radio le 24 octobre 2025.
Salle 100 % féminine ou créneau non mixte : que choisir ?
Pour progresser en force, le créneau non mixte dans une salle bien équipée est souvent plus intéressant. Pour le calme et les cours collectifs, la salle 100 % féminine convient très bien. Vérifiez l’équipement dans les deux cas.
Que faire en cas de comportement inapproprié en salle ?
Signalez-le tout de suite au personnel et demandez qui s’en charge. Si les faits relèvent du harcèlement ou d’une agression, vous pouvez porter plainte. Une salle qui n’a aucune procédure de signalement mérite d’être quittée.
Sources
Sud Radio, « Salles de sport : des comportements sexistes qui poussent les femmes vers la sortie », 24 octobre 2025 (enquête Flashs pour L’Orange Bleue).
Futura, « Même en 2025, la salle de sport reste un milieu hostile aux femmes » (étude PLOS One, mars 2025).
Légifrance, Code pénal, article 225-3.
Libération, reportage sur les séances de sport sans hommes, 16 octobre 2025.
Volumes de recherche Google France relevés le 11 octobre 2026.
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